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Contraception testiculaire : et si c'était enfin notre tour ? 🍒

La contraception thermique : une révolution (trop) discrète.

TW : Nous parlons dans cet article d'oppression systémiques sur les personnes assignées femmes. Nous allons utiliser ici les pronoms à interpréter comme correspondants aux sexes biologiques des personnes. Cela ne dit absolument rien du genre, car cet anneau contraceptif pénien peut être porté par il, elle, iel... 🙏

Il y a des moments où l'on se pose une question simple, presque naïve : pourquoi est-ce que c'est toujours elle qui s'en charge ? La pilule, le stérilet, les effets secondaires, les rendez-vous médicaux, les hormones qui font des montagnes russes… La contraception a longtemps été une affaire des femmes — par défaut, par “habitude”, par manque d'alternative crédible, et parce que bercer par un patriarcat qui impose ses choix, la contraception masculine n’a jamais eu de fort écho. Tiens tiens, bizarre. 

Chez Rejouis, on a décidé de ne plus seulement l'observer de loin, que c’était un sujet dont il fallait causer. On aimerait bien voir que cette méthode se démocratise, on ne trouve pas cela normal qu'on ait si peu étudié cette alternative. 

Cet article, on l’écrit parce qu'on va se faire mouler un anneau. Chez OTOKO Contraception. Et parce que cette démarche mérite d'être racontée, expliquée, partagée.

 

La charge contraceptive : un déséquilibre qui dure depuis trop longtemps

En France comme ailleurs, la contraception reste quasi exclusivement féminine. Pilule, patch, implant, stérilet, anneau vaginal… Les femmes jonglent avec des méthodes hormonales qui modifient leur corps, parfois depuis l'adolescence, avec des effets secondaires bien documentés : prise de poids, baisse de libido, migraines, sautes d'humeur, risques cardiovasculaires. Et en face ? Le préservatif — pratique pour les IST, mais contraignant sur la durée — ou la vasectomie, définitive. Pendant des décennies, c'est tout ce qu'on a proposé aux hommes.

Ce déséquilibre n'est pas anodin. La contraception, c'est de la charge mentale et des effets indésirables non négligeables. Partager cette responsabilité, c'est aussi partager une forme de respect et de soin envers l'autre.

 

40 ans que la contraception thermique existe !

Ce n'est pas une nouveauté venue de nulle part. Dès les années 1980, le Dr Roger Mieusset, andrologue au CHU de Toulouse, s'intéresse à un principe physiologique simple : les testicules produisent des spermatozoïdes fertiles à une température légèrement inférieure à celle du corps (entre 33 et 34,5 °C). Remontez-les à la température corporelle (37 °C), et leur capacité fécondante chute drastiquement — de façon temporaire et réversible.

C'est le principe de la contraception thermique masculine. Pas d'hormones. Pas de chirurgie. Juste de la physique, et un protocole quotidien : porter un dispositif de remontée testiculaire au moins 15h/jour. Au bout d’environ 3 mois, le seuil contraceptif est atteint et la fertilité est suspendue. Dès l'arrêt du dispositif, elle revient progressivement en quelques mois. Ces étapes nécessitent de suivre la spermatogenèse à l’aide de spermogrammes.


📊  En chiffres — L'indice de Pearl


L'indice de Pearl mesure l'efficacité contraceptive : plus il est bas, plus la méthode est fiable. • Pilule contraceptive : indice de Pearl de 2,4
• Préservatif masculin (utilisation réelle) : indice de Pearl de 15
• Contraception thermique masculine : indice de Pearl estimé entre 0 et 0,53

Source : Étude Testis 2021 (970 utilisateurs), Dr Roger Mieusset / CHU de Toulouse

 Pour le dire clairement : la contraception thermique masculine, correctement pratiquée, semble plus efficace que la pilule. 

À noter qu'à la date où nous écrivons l’article nous manquons encore de données et il faudrait des recherches cliniques supplémentaires avec notamment des échantillons plus larges pour confirmer l’indice de Pearl ainsi que la réversibilité à long terme de cette méthode.

 

OTOKO Contraception : l'anneau en silicone, fait à la main, fait pour vous

C'est là qu'entre en scène Sam, le fondateur d'OTOKO Contraception — une initiative aussi sérieuse qu’artistique. OTOKO propose des ateliers de sensibilisation à la contraception thermique ainsi que la confection d'anneaux de remontée testiculaire en silicone biocompatible, fabriqués sur mesure selon la morphologie de chaque utilisateur.

Le principe de l'anneau est simple : il encercle la base du pénis et maintient les testicules en position haute, contre le corps, à la température corporelle. 15 heures par jour, on le porte. On l'oublie. On vit normalement. Ni douleur (si la taille est bien choisie), ni gêne au quotidien, ni impact sur les rapports sexuels ou sur l'éjaculation.

Ce qui distingue OTOKO, c'est l'approche humaine, éducative, ancrée dans une démarche de partage de la charge contraceptive. Les ateliers permettent de comprendre le protocole, de poser toutes ses questions, et de repartir avec un anneau qui correspond vraiment à sa morphologie. 

 

Ce qu'il faut savoir avant de se lancer

La contraception thermique n'est pas une méthode à improviser. Elle demande un engagement sérieux, et quelques précautions essentielles :

Un bilan médical préalable. Un spermogramme est réalisé avant de débuter pour s'assurer que la fertilité de départ entre dans les normes OMS, et pour avoir une référence de suivi. Le spermogramme est prescrit sous conseil de son médecin en ayant identifié au préalable les contres indications possibles.

Un suivi régulier. Des spermogrammes de contrôle sont réalisés à 3 mois, puis régulièrement. Ce n'est pas une méthode en mode « set and forget » : c'est une pratique vivante, médicalement encadrée.

La taille de l'anneau, ça ne rigole pas. Un anneau trop petit peut provoquer des douleurs ou des lésions, un anneau trop grand peut perturber l’efficacité. C'est précisément pour ça qu'on va chez OTOKO, pour tester, et mouler des anneaux de tailles adaptées à notre morphologie

La méthode n’est pas prouvée scientifiquement : L'ANSM a suspendu la commercialisation officielle de l'anneau comme dispositif médical en 2021 faute de marquage CE. Plusieurs études réalisées par le Dr Mieusset du C.H.U de Toulouse ont permis de tester la méthode thermique et de mettre en évidence deux aspects essentiels concernant cette méthode : L’efficacité lorsque le protocole est bien appliqué et la réversibilité totale de l’effet contraceptif aka le retour à la fertilité initiale après l’arrêt de la méthode.

Ces études méritent d’être étendues, répétées sur de plus larges échantillons (n>200) et de plus longues durées (>4 ans), afin de préciser le protocole. De plus, ces études ont été effectuées avec des dispositifs différents des anneaux : des slips désignés pour la remontée testiculaire. Cependant c’est bien la même technique qui est utilisée pour la contraception : la cryptorchidie artificielle, le maintien des testicules dans le canal inguinal. L’association OTOKO accompagne les intéressés dans le cadre d'une démarche personnelle, avec suivi médical.

Réversibilité de la méthode : Jusque là, toutes les études effectuées sur la méthode thermique (sur une durée maximale de 4 ans) montrent une réversibilité des paramètres spermatiques. Encore une fois, les données mériteraient d’être élargies à un échantillon plus large. 

Le retour progressif à la fertilité normale se fait sous 6-9 mois. Pendant cette période, par précaution il est fortement conseillé d'utiliser d'autres méthodes de contraception en attendant le retour à la fertilité normal. Réaliser un spermocytogramme complet et demander la confirmation d’un.e professionnel.le de santé avant d’avoir des rapports non protégés lorsque vous décidez d’arrêter la contraception. 

L'IST, c'est une autre histoire. La contraception thermique ne protège pas des infections sexuellement transmissibles. Le préservatif reste indispensable dans ce cadre.

 

Pourquoi on diffuse ça chez Rejouis

Chez Rejouis, on parle de bien-être, de sexualité, de corps et de liens. Et la contraception, c'est au croisement de tout ça. Participer à sa propre contraception, pour un homme, c'est un acte concret d'équité dans le couple. C'est dire à l'autre : cette responsabilité, je la prends aussi.

La contraception thermique masculine est encore confidentielle en France — environ 15 000 utilisateurs estimés selon OTOKO. Non pas parce qu'elle ne fonctionne pas, mais parce qu'elle souffre d'un manque de visibilité criant. Les labos pharmaceutiques n'ont guère d'intérêt économique à promouvoir une méthode à base d'un bout de silicone sans brevet. Alors c'est à nous, au bouche-à-oreille, aux médias indépendants, de faire circuler l'information.

Ce n'est pas une injonction. Pas tout le monde ne sera candidat mais on estime que tout le monde mérite de savoir que ça existe. Que c'est efficace. Et que si ça vous correspond, vous n'avez pas à attendre une pilule miracle qui peine à sortir des laboratoires depuis des décennies.

On va chez OTOKO. On va se faire mouler notre anneau.

Et on vous raconte en vidéo sur Instagram !

 

Si vous souhaitez en savoir plus sur la contraception thermique, rendez-vous sur le compte Instagram @otoko_contraception ou sur la page Notion de l’asso.

Pour un suivi médical, renseignez-vous auprès de votre médecin généraliste ou des centres de santé sexuelle près de chez vous.